Affaire Penka Michel contre Vox Africa, Kwemtche et Radio Bansoa Université (RBU) Audience de ce jeudi 26 février 2026

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Scène cocasse au Tribunal de Première Instance de Dschang

L’audience en contestation de l’ordonnance N° 16/ORD/REF du 07 octobre 2025 était très attendue ce jeudi 26 février 2026 au Tribunal de Première Instance de Dschang. On se souvient que le 05 février dernier, après un débat contradictoire de plus de deux heures, le juge avait mis l’affaire en délibéré pour le 12 février. Etonnement, ce jour-là, au lieu de rendre le verdict, il a renvoyé l’affaire au 19 février, déclarant attendre les réquisitions du procureur. Alors qu’il a parfaitement la souveraineté pour rendre la décision, l’on s’interroge pour s’avoir ce qui s’est passé entre le moment où il a librement, au terme du débat, décidé de mettre l’affaire en délibéré et ce changement d’attitude à 180 degré.
Toujours est-il que l’affaire a été renvoyée au 12 février, puis au 19, puis au 26. Ce matin, elle a de nouveau été renvoyée au 16 mars.
Ce matin, au TPI de Dschang, dans le bureau du juge qui sert de salle d’audience, une seule partie était présente, les défendeurs. Pas l’ombre d’un seul plaignant. L’un des avocats était pourtant bien présent au tribunal. L’affaire a été de nouveau renvoyée au 16 mars 2026. Quatrième renvoi d’affilé.

L’on est étonné par l’assurance et l’arrogance de la partie plaignante.

Maître Penka Michel, le seigneur, ne passe plus par là. Comment comprendre les absences répétées des plaignants aux audiences, leur arrogance et les renvois qui se multiplient ? Où est passée la célérité avec laquelle le référé avait été traité et les condamnations vite rendues publiques ?

Mille questions viennent se greffer à cette procédure qui s’enlise et s’éternise.
Restons vigilants, attentifs.

Pour ce qui est de notre plainte contre maître Penka Michel depuis le 25 septembre 2025, nous apprenons avec stupéfaction que de manière unilatérale le juge d’instruction a décidé de mettre hors de cause Maitre Penka Michel avant d’avoir procédé à la moindre audition, lui qui est l’artificier en chef des accusations qui fondent notre plainte.
C’est une blague ?

Est-ce vrai, comme nous l’affirme sous anonymat un fonctionnaire tient la télécommande avec laquelle il décide à distance de ce qui se passe dans cette affaire ?

La suite nous dira si cette affirmation est exagérée.

Que faut-il attendre de l’audience de ce 26 février 2026? Que dans ses requisitions, le procureur dise le droit. Simplement. Le constat est clair, il est limpide. Le verdict prononcé qui condamne vox Africa, Kwemtche et Radio bansoa Université à de lourdes peines pécunières ( 500.000 frs) par jour de bravade, le fut sur la base d’un postulat qui n’existe pas. A l’audience du 5 février dernier, en trois heures de débat contradictoire, la partie plaignante n’a pas pu prouver l’existence de cette procédure, socle sur lequel s’est bâti le verdict de condamnation. L’affaire avait été mise en délibéré pour le 12 février. Elle a été renvoyée au 19 pour les requisitions du parquet, puis au 26. Nous y sommes.

Maître Penka Michel semble tenir la télécommande des procédures.

A distance, Maître Penka Michel semble utiliser la télécommande pour faire avancer ou reculer les débats, mettre ceci en délibré, rabattre, etc, décider des renvois.

Objectivement, quel miracle peut faire le procureur pour ne pas rendre son requisitoire en constatant ce fait qui crève les yeux? Peut-il sortir un lapin de son chapeau? Il le peut toujours si, comme nous le soupçonnons, ce procès met en branle la mécanique du procès-baïllon.
Qu’est ce que le procès bâillon?
Comme nous l’avons expliqué dans un précédant article sur la lawfare, toute lawfare mémorielle repose sur une triple dynamique qu’il importe de décomposer avec précision : l’épuisement de l’adversaire, sa stigmatisation publique, et l’effet d’exemplarité dissuasif exercé sur ceux qui n’ont pas encore parlé.
L’épuisement d’abord. Un procès coûte. Il coûte en argent — honoraires d’avocats, frais de procédure, expertises —, mais il coûte surtout en temps et en énergie psychique. Un historien, un journaliste, un universitaire contraint de passer des années à se défendre devant les tribunaux ne travaille plus. Ou alors il travaille dans la peur, la distraction et l’autocensure anticipatrice. Les commanditaires de la lawfare le savent parfaitement. La condamnation finale importe peu — elle peut même ne jamais venir. Ce qui compte, c’est la durée de l’exposition, la longueur du calvaire procédural. On reconnaît le procès politique à cette caractéristique : même acquitté, le prévenu en ressort diminué, appauvri, marqué.
La stigmatisation ensuite. Le simple fait d’être poursuivi en justice opère, dans l’imaginaire collectif contemporain, une présomption de culpabilité que la présomption d’innocence formelle ne parvient pas toujours à contrecarrer. L’ouverture d’une procédure génère des articles de presse, des rumeurs, des prises de distance de la part d’institutions qui ne veulent pas être associées à un nom entaché. La machine judiciaire, une fois mise en branle, produit une souillure symbolique qui se répand bien au-delà du prétoire. Dans le cas de procès touchant à des mémoires sensibles — crimes d’État, violences coloniales, collaborations inavouables —, cette stigmatisation est d’autant plus efficace qu’elle permet de retourner l’accusation : ce n’est plus l’institution qui a commis les crimes qui est sur le banc des accusés, c’est celui qui en témoigne.
L’exemplarité enfin, qui est peut-être le mécanisme le plus redoutable. Tout procès politique fonctionne comme un message adressé non à l’accusé mais à ses semblables. Regardez ce qui arrive à ceux qui parlent. La cible visible n’est qu’un prétexte ; la cible réelle est l’ensemble du milieu — journalistes, chercheurs, survivants, témoins — dont on entend préventivement neutraliser les velléités de prise de parole. La jurisprudence de la peur se construit ainsi, affaire après affaire, condamnation après condamnation, même lorsque les condamnations restent rares : il suffit que la menace soit crédible pour que l’autocensure fasse le reste du travail.