Affaire Penka Michel contre Vox Africa, Kwemtche et Radio Bansoa Université. Comprendre la logique des procédures.

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Il existe un temps pour la justice, un temps qui peut sembler long. Un procès est fait d’attentes. Ceux qui saisissent le juge, lorsqu’ils le font, savent que l’attente fait partie des éléments que la procédure impose à toutes les parties au conflit. Lorsque le temps d’attente est équitablement réparti, il est moins long, moins harassant. Mais lorsqu’une partie attend, alors que l’autre semble être au courant de tout et ne se pointe qu’au bon moment, il plane comme un réel malaise autour des procédures et du traitement équitable des parties au conflit. Hier, 24 février 2026, un huissier a alerté le directeur des affaires académiques de l’Institut Supérieur Polytechnique de Bansoa( ISPB) de ce qu’une audience était prévue ce mercredi 25 février à 10 heures au tribunal de première instance de Dschang. Deux cadres de l’ISPB, notamment le directeur des affaires académiques et le directeur de radio bansoa université y ont passé la journée de 9h à 15h30. C’est à cette heure qu’ils ont été informés de l’absence du juge chargé de l’affaire. dans ce temps d’attente, aucune trace du seigneur Maître Penka Michel qui a engagé ces poursuites. IL semble être au courant de tout, il semble tout contrôler, il sèche les audiences à volonté. Ce jour, l’ISPB a été privé de son directeur des affaires académiques et radio banso université de son directeur qui est en même temps un responsable à l’ENIEG de Bansoa. Ils attendaient patiemment à dschang, ils glandaient, à ne rien faire pendant que les cours étaient renvoyés à plus tard et les dossiers mis en attente sur le campus. C’est cruel de maltraiter ainsi la hiérarchie d’une institution universitaire dans le seul but d’envoyer à la communauté un message d’intimidation et de peur. Ce matin, 26 février 2026, ils y seront encore pour la journée pour attendre les requisitions du parquet dans le cadre de l’affaire en contestation de l’ordonnance du 7 octobre. Encore une journée d’attente. Curieusement, les procédures engagées par Maître Penka Michel sont enrolées au quart de tour. Il y aura une audience ce jeudi 26 février, une autre le 4 mars dans le cadre de la première citation directe, celle du 6 janvier 2026, et une autre le 10 mars dans le cadre de la deuxième citation directe, celle du 16 février 2026. Notre plainte contre maître Penka michel pour diffamation et mensonges déposée depuis 2025 est toujours attendue à l’audience. Nous essayons de comprendre… L’arme judiciaire entre les mains de Maître Penka Michel semble être davantage un instrument de cloture mémérielle qu’une véritable quêtre de réparation d’un préjudice. En effet,
il existe une forme de violence que le droit moderne a rendue presque invisible précisément parce qu’elle emprunte ses habits à la justice. La lawfare — contraction de law et warfare, guerre par le droit — désigne cette stratégie consistant à retourner les instruments juridiques contre ceux-là mêmes que ces instruments devraient protéger : les témoins, les victimes, les chercheurs, les lanceurs d’alerte, tous ceux qui osent porter la mémoire d’événements que certains puissants ont décidé d’ensevelir. Le procès politique n’est pas une anomalie du système judiciaire ; il en est, dans certaines configurations, une potentialité structurelle, une tentation permanente que seule la vigilance démocratique peut contenir.
Ce qui caractérise le procès à vocation mémoricide — c’est-à-dire celui dont l’objectif inavoué est moins de rendre justice que de réduire au silence —, c’est précisément le soin méticuleux avec lequel il simule les formes de la légalité. Les audiences se tiennent, les avocats plaident, les juges délibèrent. La grammaire du droit est scrupuleusement respectée. Et pourtant quelque chose cloche, quelque chose résiste à l’analyse superficielle mais s’impose à l’observateur attentif : le rapport entre la charge symbolique de ce qui est jugé et la disproportion des moyens mobilisés pour obtenir une condamnation. On ne poursuit pas ainsi avec autant d’acharnement pour des raisons purement juridiques. On poursuit pour que le tribunal devienne le lieu où la mémoire officielle s’impose sur la mémoire vive.
L’omerta — ce code du silence originellement associé aux structures mafieuses — a depuis longtemps débordé le cadre qui lui était assigné. Elle s’est institutionnalisée. Elle fonctionne désormais à l’intérieur d’appareils d’État, de corporations, d’organisations internationales, partout où des intérêts suffisamment puissants ont besoin que certaines vérités ne circulent pas. Et la lawfare en est le bras armé le plus sophistiqué, car elle offre à l’omerta ce dont celle-ci a toujours manqué : une apparence de légitimité. Faire taire quelqu’un en le menaçant physiquement, c’est risquer de le transformer en martyr. Le poursuivre en justice pour diffamation, atteinte au secret des affaires ou trouble à l’ordre public, c’est l’épuiser financièrement, le discréditer publiquement, l’occuper pendant des années dans des batailles procédurales qui l’empêchent de continuer son travail — tout en conservant la fiction d’un État de droit parfaitement fonctionnel.